Chargement en cours
Ma sélection

Lot 71 - Pierre SOULAGES - « PEINTURE 130 X 89 CM, 1ER OCTOBRE 1984 », 1984 - Huile sur[...]

Adjudication sur abonnement

> Voir les offres Premium

Pierre SOULAGES
« PEINTURE 130 X 89 CM, 1ER OCTOBRE 1984 », 1984
Huile sur toile signée, titrée et datée au dos
130 x 89 cm

Provenance :
- Atelier de l’Artiste
- Collection particulière
Bibliographie :
« Soulages », l’œuvre complet, peintures 1979-1997, Volume III, Pierre Encrevé, éditions du Seuil, reproduit sous le n° 868, page 114
Dès les années 1979, Pierre Soulages, s’est désengagé de la couleur pour aborder les rives de la lumière et synthétiser ses reflets. Reflets changeants selon la texture de la matière picturale et de l’intensité de l’éclairage.
C’est de l’angle de la source lumineuse extérieure, du lissage de certains espaces, du déplacement du spectateur, de l’organisation des stries et de leurs plus ou moins profondes incisions dans la matière picturale que naîtront de multiples images. La lumière de son côté, en se substituant au dessin, sculptera la toile, affirmant une personnalité qui n’a d’autre raison d’être, qu’elle-même. Peinture spirituelle qui s’est affranchie de l’anecdote, du détail, du pittoresque, qui a rejeté de ses épaules le témoignage et l’esthétisme, répudiant la beauté de circonstance et l’artifice. Oeuvre qui se donne toute entière, pudiquement, sans exhibitionnisme, sans grimace, franche, sincère, sereine et paisible, et dont la massivité subtile contredit, avec une certaine perversité, le minimalisme monochromatique.
« Peinture 130 x x89 cm, 1er octobre 1984 » exprime la nécessité de la lumière. Elle est une sorte de jardin lumineux, une surface cosmique sillonnée de traces rectilignes qui captent la lumière et annulent l’espace afin que le tableau soit entièrement Espace. Miracle qui s’effectue par la grâce d’un découpage pictural pudique et subtil où la réfraction de la lumière se décline en espaces scintillants.
Cette œuvre assume toute la polyvalence optique et sémantique du noir et des surgissements de la lumière jusqu’à parvenir à un certain statisme malgré les oppositions directionnelles des vibrations lumineuses. Surface de reflets, d’aplats et de volumes dont le regard ne sait que dépendre. Cette peinture ne transmet pas de sens mais fait sens. Et le spectateur est appelé à se constituer lui-même, à se construire et à se reconnaître comme sujet de son désir.
Venu d’un seul pigment, d’une seule technique, d’une seule texture, baigné de lumière infinie, le noir du tableau regarde en face le soleil et si le noir est la couleur de l’absence du jour, il en promet la venue. Chacun de nous réactivera son rapport au noir et à la lumière qui en émane. Chacun de nous lèvera le secret de la nuit car la lumière n’est jamais aussi intense qu’au coeur de la nuit. « La réalité d’une œuvre, dit Pierre Soulages, est le triple rapport qui existe entre la chose elle-même, celui qui la produit et celui qui la regarde ».
De ce point de vue, la peinture ne communique pas, elle est ‘une chose’ que l’on aime, un ‘objet’ dynamique de la sensibilité.
Une peinture c’est avant tout un être humain, c’est lui que l’on cherche en elle et avec qui l’on aimerait passer ses journées.
Pour que cette rencontre ait lieu, il faut que la peinture dépasse son esthétisme, sa matérialité, qu’elle vise à l’inconscient du spectateur. C’est à l’intérieur de ces contrées inexplorées que le peintre et le spectateur se rencontreront. « Ni image, ni langage, c’est ainsi que très tôt j’ai pensé la peinture, mais je n’ai jamais pensé cependant que la peinture pouvait se réduire à sa matérialité ».
N’étant subordonné à aucune autre fonction que sa propre forme, cette oeuvre de 1984 est un substitut du silence. Elle regarde la lumière et impose sans ostentation la force de son pouvoir devant laquelle toute parole est vaine : « On doit toujours, disait Paul Valery, s’excuser de parler peinture ».

Demander plus d'information

Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes