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Lot 93 - Pierre SOULAGES - « PEINTURE 125 x 202, 24 juin 1959 », 1959

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Pierre SOULAGES
« PEINTURE 125 x 202, 24 juin 1959 », 1959

Huile sur toile, signée et datée en bas à droite
125 x 202 cm

Provenance :
- Galerie de France, Paris
- Collection Werner Rusche, Cologne
- Collection Eric Beyersdorf, Genève
- Collection Monsieur et Madame X

Exposition :
- « Soulages », Galerie de France, Paris, 1960
- « Soulages », Kestner-Gesellschaft, Hanovre, 1960-1961
- « Soulages », Folkwang Museum, Essen, 1960-1961
- « Soulages », Gemeente Museum, La Haye, 1960-1961
- « Soulages », Kunsthaus, Zurich, 1960-1961

Bibliographie :
- « Soulages », catalogue raisonné, Volume 2, Pierre Encrevé, éditions du Seuil reproduit en double page couleurs sous le n°375 page 70
- « Collection Eric et Doris Beyersdorf, Portrait d'une collection », Isabelle Sobelman, reproduit page 190

Une œuvre de Pierre Soulages tient sa réalité essentiellement de l'ensemble des relations existant entre les formes qui la composent. Ni langage, ni image, encore moins message, un tableau de Soulages est un lieu de projections, de sens, qui se font et se défont. Déconstruction, défaite du sens et donc victoire de la peinture.

Peinture hors a priori, hors visée à long terme, hors but « C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche ». Formule qui en dit bien d'avantage que le célèbre « je ne cherche pas, je trouve ».
Car si Soulages ne sait pas ce qu'il cherche avant de l'avoir trouvé, du moins sait-il qu'il cherche. Quête toujours recommencée, qui ouvre sa peinture à nos regards et nous permet d'apprendre, à notre tour, quelque chose de ce que nous cherchions.
Dominatrice absolue, cette peinture n'a alors que faire d'appellation marchepied, de titre signe-de-piste. Un jour, un mois, une année, c'est tout.
Et c'est bien suffisant de savoir que ce jour-là, ce mois-là, cette année-là, le peintre Soulages a fait ce tableau-là.
Libre au spectateur de l'interpréter, de le voir sous l'angle qui lui convient le mieux. Il n'empêche que ce tableau est avant tout un tableau. Un objet vivant. Une présence. Une vérité.
« J'aime les matières qui changent. Le temps piégé par la matière ». mais Soulages aime aussi les grands aplats de matière, la force ample qui s'en dégage, son envergure, son souffle et la joie de vivre, vive et robuste, terrienne, granitique, avec laquelle il se bat. Combat pour lequel il s'est forgé d'étranges outils, des armes pour ainsi dire : instruments de bouchers, d'apiculteurs, de tanneurs, de menuisiers … Combat dont il trouvera la raison à l'achèvement de l'œuvre et qui le laissera parfois épuisé. Peindre est un grand évènement, le révélateur par lequel l'artiste s'accomplit. La toile blanche est un miroir. Les battements des formes dans l'espace, la découpe de l'espace par le temps, sont Golgotha et Nirvana tout à la fois. Tout subordonné à la peinture. Instant où l'homme-artiste et la matière se coltent férocement. Destin auquel Soulages n'échappe pas, ne veut pas, ne peut pas échapper.
Et voici que naît une œuvre créée le 24 juin 1959 au graphisme simple, au bleu lumineux, aux harmonies sombres et chaudes, viriles, presque rudes, à la pâte spécifiquement torturée par les armes inventées, qui affirment que plus les moyens sont limités, plus l'expression est forte.
Tout vient de si loin en lui-même, là où le sens n'est pas figé, ni fixé, ni même forgé, là où réside ce qui ne peut être formulé « ce qui échappe aux mots, ce qui se trouve au plus obscure, au plus secret d'une peinture, c'est cela qui m'intéresse ».
Il est des œuvres rares qui dépassent ce qu'elles donnent à voir et qui, comme celle-ci, émettent un son : un son à la fois ample et humain.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes