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Lot 170 - Peter KLASEN - « LA STRIPTEASEUSE», 1965 - Acrylique sur toile...

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Peter KLASEN
« LA STRIPTEASEUSE», 1965
Acrylique sur toile, signée, titrée et datée au dos
116 × 89cm

Provenance : - Galerie Mathias Fels, Paris
- Galerie Louis Carré, Paris
- Collection particulière

Expositions : - « Les années 60 », Musée d’Art et d’Industrie, Saint-Etienne, 1983
- « Images narratives 2 - L’art vous interpelle », Musée d’Angers, 2000, reproduit pleine page couleur dans le catalogue de l’exposition, page 53
- « Peter Klasen », Musée du Tri Postal, Lille, 2009 reproduit dans le catalogue de l’exposition

Bibliographie : « Klasen », Paul Virilio, éditions Expressions Contemporaines, 1999, reproduit

Oeuvre majeure de Peter Klasen, “Stripteaseuse” 1965, par l´audace, la virtuosité et le cadrage de sa mise en page, sa frontalité, les interférences entre objets, plans et images, la coexistence sur un fond neutre, machiniste et aseptisé d´éléments froids et chauds et leur orchestration sur un même plan, est une peinture charnière. L´oeuvre l´est également par sa date d´exécution, époque des premières années de formation d´un langage unique et original dans une époque de consommation et d´esthétique pop qui ne doit rien à ses contemporains d´outre Atlantique: Warhol, Lichtenstein ou Rauschenberg.
Comprendre et plonger dans l´univers de Peter Klasen, c´est prendre en compte ce que la force des images cinématographiques et publicitaires provoque dans l´inconscient du peintre originaire de la ville hanséatique de Lübeck. C´est comprendre ce que Klasen entend par scission entre l´être et le monde de l´avoir et l´angoisse qui en résulte. “Sublimer l´hostilité extérieure“ pour le citer en faisant du tableau, de l´énergie née de la tension entre éléments organiques (visage de femme sensuelle au regard énigmatique comme ici) ou dans d´autres tableaux (seins, bouches pulpeuses)… et l´univers industriel de l´objet manufacturé (combiné téléphonique), tuyauterie, robinets, poignée de porte, panneaux “stop” ou de “danger”… c´est provoquer chez le spectateur-consommateur une déflagration, c´est juxtaposer des objets investis d´une même “pulsation corporelle et charnelle”. Celle-ci vise à répondre à l´imposition d´images et d´objets comme la société consumériste en produit et en consume par la transposition et la confrontation picturale d´objets organiques ou mécaniques, agissant comme “anticorps” en ingérant une dose de malaise voluptueux mais ambigü pour répondre au malaise d´un trop plein d´images déversé par la société urbaine (que ce soit cadrage en gros plan d´un visage de femme noir et blanc ou Technicolor issus d´un plan cinématographique ou tiré de magazine people ou l´immixion du référent robinet, prise ou fil électrique réels ou reproduits.
Strip teaseuse de 1965 est une oeuvre majeure parce qu´elle fait du tableau non seulement un espace de narration dont les éléments dissimulés, (expression personnelle d´un visage= identité) cachés, décentrés (ce qui met fin à la primauté dans le tableau d´un élément par rapport à un autre d´une quelconque hiérarchie des genres, rien n´est au centre ici) par des pans comme au centre les profils sans tête d´un couple enlacé, se recomposent dans l´espace du souvenir. Un combiné téléphonique qui pend semble introduire l´idée d´une conversation interrompue, élément de la trame d´une histoire dont les éléments sont volontairement escamotés pour laisser place au non dit d´une scénographie picturale complexe laissant outre la force de sa forme, la liberté au spectateur-consommateur d´y projeter ses propres fantasmes.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes