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Lot 113 - Martin BARRE - « 57-40-B », 1957 - Huile sur toile signée en bas à droite,[...]

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Martin BARRE
« 57-40-B », 1957
Huile sur toile signée en bas à droite, contresignée et titrée au dos
100 x 81 cm

Provenance :
- Galerie Arnaud, Paris
- Collection particulière, Paris
- Galerie Barbier-Beltz, Paris
- Collection particulière


Expositions :
- « Martin Barré », Galerie Arnaud, Paris, 1957
- « Rétrospective Martin Barré », Musée des Beaux-Arts de Nantes, Nantes, 1989, reproduit dans le catalogue de l’exposition
- « Martin Barré », Musée des Arts de Tourcoing, Tourcoing, 1989, reproduit dans le catalogue de l’exposition
- Galerie des Ponchettes et Galerie d’Art Contemporain de Nice, 1989, reproduit dans le catalogue de l’exposition
Bibliographie :
- « Corneille og Barré. En ny generasjon », Moe Ole-Henrik, Kunsten, Oslo, 1958, reproduit sous le n°3, pages 15 et 31
- « Fiche artiste n°13 », Art Press, n°55, Paris, 1982, reproduit page 47
- Sera reproduit dans le catalogue raisonné de l’œuvre de l’artiste en préparation par Ann Hindry et Yves-Alain Blois
Peinture qui tout ensemble existe et se dérobe, qui ne se donne à voir qu’absente, qui ne se qualifie que comme illusion, qui ne se saisit que comme insaisissable. Peinture qui ouvertement manifeste sa considération du médium et la propriété des pigments, la forme du support, le grain de la toile, le blanc de la préparation. Les toiles de Martin Barré sont une entreprise de dévoilement du processus d’émersion de la peinture. S’élaborent tout un jeu de mesures, de signes d’une fiction géométrique architectonique : traçages au crayon, marquages du pinceau, couchages du banc. Ces alternances forment une trame sur laquelle s’inscrit une chaîne définitive de corps répétitifs. La couche pigmentaire de surface laisse vivre les couches inférieures successives qui se soudent en une harmonie naturelle. Le passage du pinceau, le mouvement du couteau ponctuent l’espace, le surchargent, le raturent, interdisent tout repentir, toutes retouches, affirmant à la fois la libération du geste de la main et la concentration mental.
L’œuvre de Martin Barré est infiniment personnelle, picturale et spirituelle, poétique, rigoureuse et novatrice. Elle affirme la primauté d’espaces volontairement inachevés afin que les diverses éléments plastiques soient subordonnés à la vue de l’ensemble.
En 1957 Martin Barré emploie simultanément le pinceau et le couteau avec lequel il pose et retire la peinture. Les traces picturales laissées par le couteau sont à la dimension de l’outil, et si leur présence est invisible on sent leur personnalité à l’intérieur des formes dynamiques.
Ce tableau de 1957 « 57-40-B » est une œuvre parfaitement aboutie, où les formes s’imbriquent, se chevauchent discrètement, s’associent et répondent aux glissements des ombres inverses ou contre-formes. Le geste suspendu comme des espaces musicaux, donne à l’œuvre une impression de manque, un étrange besoin d’au-delà. L’étendue du tableau est un champ d’inscriptions, une décomposition archéologique de la mémoire. Ceci sans aucune affirmation, sans besoin de privilégier, de hausser la chaîne des motifs, sans besoin de décliner la substance de la matière. Motif et matière doivent fonctionner ensemble, confondus et antagonistes.
Tableau où l’on perçoit toutes les possibilités des relations dynamiques qui existent entre l’espace actif et l’espace que l’on pourrait qualifier de résiduel : relation dynamique et non plastique, espace actif et non forme, espace résiduel et non fond, d’où une certaine confusion dans l’esprit du spectateur peu habitué à cette extrême sérénité poétique. Poésie très subtile qui émane du jansénisme des formes.
On a par le passé reproché à Martin Barré ce jansénisme, cette négation de la forme à l’intérieur même de la forme, au profit d’une intériorisation proche du mysticisme de Casimir Malevitch. « Toute peinture me semble aboutir au carré sur fond blanc de Malevitch et repartir de là ». En effet, l’œuvre de Martin Barré ne saurait par sa forme être rapprochée de celle de Casimir Malevitch. Il a expurgé la géométrie plastique au profit d’une pensée tournée vers la lumière.
« 57-40-B » est une œuvre pudique, toute de rigueur, qui s’efforce de résoudre le problème posé par l’espace, l’insondable espace-vide dont il faut appréhender l’ouverture, la béance et jusqu’au manque qui s’impose comme une mesure essentielle de la vie.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes