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Lot 153 - Martial RAYSSE - « VERTE », 1963 - Huile, collage, xérographie...

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Martial RAYSSE
« VERTE », 1963
Huile, collage, xérographie, lunette et houppette sur toile signée, titrée et datée au dos sur le châssis
32 x 22,5 cm

Provenance :
- Atelier de l’artiste
- Collection Geert Jan Visser, Pays Bas
- Collection particulière

Bibliographie :
Enregistré dans les archives de l’inventaire de l’œuvre de l’artiste
«Je n’ai jamais fait de la peinture, j’ai toujours travaillé sur des images. À les transformer, à en tirer un nouveau langage».
La thématique de Martial Raysse est essentiellement celle de la mise en scène à la fois douce et froide, distanciée et lyrique de notre société consumériste, estivale et artificielle, pour laquelle il crée une Arcadie de convention où la séduction du mannequin-modèle des années 60 tient lieu de Vénus des temps modernes.
Image qui cherche à préserver son caractère d’esquisse et de spontanéité naïve en affichant l’assurance de la parabole.
Visage blanc aux lèvres vertes, houppette précieuse et lunette de soleil affirment le détournement, le pastiche d’un art qui explore le simulacre contemporain et propose une «hygiène de la vision» aseptisée.
Conjugaison d’une énigme, perte d’identité, portrait de femme qui surgit d’un éden innocent où l’art semble dérisoire et cependant nécessaire.
Dans cette œuvre «Verte» de 1963, Martial Raysse s’exprime en mélangeant les genres et les techniques : huile, collage, xérographie, lunettes de soleil, houppette qui lui permettent d’extraire son œuvre de la conventionnelle notion de «surface plane recouverte de couleur….».

Le sujet s’exprime autrement et l’univers balnéaire de ce tableau tient à un rendu pigmentaire intense où le bleu sans nuance impose sa violence aussi fortement que les rayons du soleil. On sent l’huile solaire, la réverbération, la stridence de la lumière méditerranéenne. Portrait mental de la société de loisirs où se déclinent le farniente, le jeu, le narcissisme, supprimant toute relation sensible avec le spectateur en lui imposant une nouvelle situation visuelle.
Reconstruction lyrique de l’espace, reconstruction de la forme, reconstruction des valeurs chromatiques, reconstruction métaphorique de l’image.
Œuvre statique, immuable, sans avant, sans après, sans avenir, sans devenir, éternellement jeune. Éternité d’un visage sans ride à la beauté standardisée. Œuvre d’art qui se dérobe à l’art pour parvenir à la réalité d’un quotidien revisité.
Ce que Martial Raysse cherche à démontrer dans cette œuvre c’est l’extraordinaire puissance évocatrice que possèdent les formes en liberté «une forme doit être indépendante des contingences de la représentation». Ainsi sommes-nous confrontés à des images entièrement recréées par la sensibilité du plasticien où s’abolit la réalité objective.
Artiste ex-panégyriste-contestataire de la société de consommation, Martial Raysse affiche dans cette œuvre son sens inné de l’artifice, son goût pour un chromatisme sec et violent où s’accroche le souvenir d’enseignes lumineuses et où rien ne bouge.
Ce visage pasteurisé, aseptisé à la découpe péremptoire prend possession de l’espace. «Verte», oeuvre de la schématisation, de la non-identité, de la réalité allusive, œuvre qui surgit d’une zone originelle où l’expression, la matérialisation sont à la fois mesure de connaissance et expérience de l’apparence esthétique d’un langage symptomatique et d’une volonté de «dé-spécialisation» vis à vis de l’acte créateur.

Phénomène de déconstruction et de reconstruction, cette œuvre opère une mutation irréversible de la vision par la saisie du sujet à travers une technique. Magnifier, sublimer, s’approprier le monde des années 60, le fixer, le décliner par le truchement d’un coloris violent, d’objets hétéroclites.
L’image nous parle d’un récit qui se dérobe aux confins d’un espace dilaté à même les connotations qui en prolongent le sens et les perspectives illusoires. Comme la foule des Grands Boulevards les personnages de Martial Raysse ne vieillissent pas.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes