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Lot 67 - Maria Elena VIEIRA DA SILVA - « PROMENADE EN PAYS INCONNU », 1958

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Maria Elena VIEIRA DA SILVA
« PROMENADE EN PAYS INCONNU », 1958

Huile sur toile signée et datée en bas à droite
92 x 65 cm

Provenance :
- Galerie Jeanne Bucher, Paris
- Knoedler Gallery, New-York

Bibliographie :
« Vieira Da Silva, catalogue raisonné », Guy Weelen et Jean-François Jaeger, Edition Skira, reproduit sous le n°1538 page 307

Voici une oeuvre qui nous introduit dans un monde a la fois, inondé de clarté et empli de secrets.
Subtilité des charpentes arachnéennes, des profondeurs qui s'enchevêtrent sans logique, des perspectives qui nous attirent à seules fins de nous égarer, de nous faire sentir les frêles palpitations de l'énigme. Peinture oscillant entre le figuratif et l'abstrait, aux allusions si elliptiques qu'en général, aucun objet n'a conservé un visage reconnaissable.
Ce qui retient le spectateur face à une oeuvre de Vieira Da Silva, c'est essentiellement l'atmosphère qui la beigne et qui nous dépayse en nous imprégnant de son impalpable réalité. Étrange monde que celui de Vieira Da Silva, inhabitable aux humains, fait d'une instabilité périlleuse et d'un consentement audacieux aux pires dangers.
Rêve et hallucinations perçues en dehors des lois de la raison. Les lois auxquelles se soumet Vieira Da Silva, sont celles qui régissent le cauchemar et l'irrationnel et que seul, peut être, un psychologue est à même d'en donner la signification.
Toujours est-il que cette « promenade en pays inconnu » démontre à l'évidence que l'espace, sans devenir abstrait à proprement parler, s'est affranchi complètement de tous les principes géométriques, sensoriels et chromatiques. Composition comparable à une cantate de Haydn où une lente ouverture précède, par une montée crescendo, l'exaltation du final.
Tous les peintres ont leur source d'inspiration, pour les uns ce sera la nature aux fulgurances lumineuses ou la mer océane et ses irisations, pour d'autres, ce sera un visage, un corps de femme, pour tel autre encore un événement, un poème, une tragédie ; pour Vieira Da Silva ce fut la musique « Je ne suis pas très sure si j'écoute ou si je vois ».
Ce tableau en effet aurait tout aussi bien pu s'intituler composition d'autant que les titres des oeuvres sont inscrits, comme référence seulement, et à posteriori. Un tableau de Vieira Da Silva ne tire sa réalité que de luimême.
Cette « promenade en pays inconnu » s'est faite lentement, après de longues attentes, de longues heures de semie somnolence, où seule la main médiumnique glissant sur la toile a laissé de son passage des vibrations chromatiques. L'ensemble alors s'anime selon une cadence musicale et secrète. Les zones bleutées prendront vie, sous-tendues d'ombre et de clarté. Le réseau des lignes se faisant de plus en plus serré, fragmentera l'espace et petit à petit, pas à pas, l'ensemble commencera sa promenade. Le peintre a fait de son tableau un véhicule pour cheminer sur le chemin du rêve dans l'espoir inconscient d'atteindre le pays des éthers bleutés où l'imaginaire a son trône.
Tableau où se lit le besoin de conquérir l'universel, d'être influencé par lui, et de l'influencer en retour. Valeur plastique et valeur intellectuelle se liant pour faire échec au désarroi d'un monde plongé dans la douleur.
À pas comptés, à pas de chat, « promenade en pays inconnu », icône sans visage, délivre la toute puissance des oeuvres salvatrices.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes