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Lot 140 - Manolo VALDES - « MATISSE COMO PRETEXTO VII », 2000

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Manolo VALDES
« MATISSE COMO PRETEXTO VII », 2000

Huile, tissu, collage et assemblage de toile de jute sur toile signée, titrée et datée au dos
231 x 191 cm

Provenance :
- Marlborough Gallery, New York
- Galerie Claude Bernard, Paris
- Collection particulière

Dans l'épopée du groupe Equipo Cronica, qui se solde par la mort d'un de ses membres fondateurs Rafael Solbes en 1981, le parti pris de réfuter l'individualisme et l'expression de l'affect liés à la peinture informelle caractérisant une certaine peinture abstraite afin d'adopter un travail figuratif, prend valeur de manifeste.
Le groupe se positionne contre la starisation de l'artiste, du créateur surmédiatisé. Leur démarche est autant subversive que ludique, ironique autant que drôle. Ils sont récupérateurs de mythes, assemblent, juxtaposent les images des figures tutélaires de l'art moderne et pratiquent citations et détournements des images, des symboles universellement connus et reconnus pour les réactiver, démontrant qu'assemblages, collages et emprunts sont le terreau inépuisable de nouvelles créations.
Dans sa démarche solitaire, Manolo Valdes n'oublie pas ces années 60-80. Il se réapproprie les surfaces lisses et les teintes vives posées en aplat des années du groupe, convoque comme ici Matisse « comme un prétexte ». Une manière de nous dire que l'oeuvre d'art même faite d'éléments pris à l'objet « Matisse » est une entité qui peut être décomposée et recomposée par assemblages de toiles de jutes cousues en son centre, laissant les coutures apparentes. Cette démarche qui se veut volontairement en apparence profanatrice dissimule un propos sous-jacent : la coordination et juxtaposition sur un même plan de matériaux pauvres s'accordent parfaitement avec l'image canonisée d'un portrait matissien.
Il réactive le temps et la mémoire en aiguillonnant l'image lisse du tracé et de la couleur matissienne, ajoutant un propos supplémentaire à l'essence des formes pures et calmes de l'homme des odalisques, ouvrant un débat, une césure entre sa propre profusion et la profusion existante (L'image Matisse et les toiles de jute).
Les teintes semblent usées, frottées, griffées et frottées à certains endroits parfois même effacées comme si le temps passait sur elles. Un travail de décollement propre au travail des coutures montre que le mythe s'effrite comme les parois d'une fresque dont l'érosion a fait sauter la couche. Plus qu'indice de forme, de citation ou de matière l'assemblage de toiles cousues sans en faire disparaître leur réalité agit à la manière d'un collage découvert et recouvert par les couleurs chaudes de Matisse et son tracé limpide. Manolo Valdes montre que l'oeuvre même la plus sacralisée peut disparaître à cause du temps ou des dépradations de toutes sortes. L'assemblage de toiles pousse à une réévaluation du fond et de la forme redoublant le propos matissien de ne pas dissocier fond et forme. Valdes fait ressortir le fond à la surface comme élément premier et primordial de la composition. L'image de Matisse pouvant tout aussi bien s'effacer que se découdre et disparaître ; Elle n'est plus l'objet de représentation premier mais un faire valoir du fond et des coutures : un prétexte à des contrastes de textures et de matière (peinture et tissu) et à un dialogue entre elles.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes