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Lot 74 - Jean-Michel ATLAN - SANS TITRE

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Jean-Michel ATLAN
SANS TITRE, 1957
Huile sur toile signée en bas à droite
146 x 89 cm

Provenance :
- Collection particulière, Montréal
- Collection particulière, Paris

Bibliographie :
« Atlan », catalogue raisonné de l'oeuvre peint, Jacques Polieri et Kenneth White, Editions Gallimard, reproduit sous le n°496 page 306.

1957; à cette date, Jean-Michel Atlan a acquis une solide réputation internationale.
Il est l'une des figures marquantes de la Seconde École de Paris. Ses oeuvres figurent dans les plus grands musées du monde, les amateurs s'arrachent son travail, les critiques l'encensent et la prestigieuse biennale de Venise l'expose.
Mais, le licencié en philosophie, l'auteur de poèmes, le danseur de flamenco aux terrasses des cafés de Montparnasse, l'adepte de Trotsky, le judéo berbère se souvient qu'en 1941, emprisonné par les Allemands, il ne dût sa survie qu'à un simulacre de folie et à son internement à l'hôpital psychiatrique Saint Anne. Il se rappelle aussi les années de misère qu'il vécut et qu'aucun travailleur manuel parmi les plus pauvres ne lui aurait envié.
Parvenu, en cette année 1957 à l'aisance matérielle, conséquence heureuse de la notoriété, Jean Michel Atlan n'oublie rien des années noires comme il garde au fond de son coeur les images joyeuses des étoffes bariolées, des sables, des cactus, et du rouge des masques nègres peints de son enfance.
Symboliquement, Il est le Rumel qui coule au fond d'un ravin et coupe en deux sa ville natale Constantine.
Ce monde de parfums, de lumières, de couleurs qu'il porte en lui, ne peut que resurgir vivant sur la toile. On est à tout jamais d'un pays quoi que l'on fasse, où que l'on soit, l'un et l'autre ne peuvent se quitter, et il pense que si sa peinture a quelque valeur, c'est à l'Afrique du nord qu'il la doit.
Sa peinture est l'image même d'un pays de méandres, d'oscillations, de circonvolutions, d'accolades de formes qui comme des amis s'entrechoquent, s'embrassent en un mélange de tendresse et de violence.
Cette oeuvre grande par son format, parmi les plus grandes dans toute l'oeuvre de Jean-Michel Atlan, l'est aussi par son contenu intérieur.
Elle est le témoin de la droiture, de l'honnêteté, de la fraternité et de la franchise du peintre. Alors, dans le silence de l'atelier, les chamanes, les cabalistes, les sorciers, les derviches tourneurs peuvent faire leur entrée.
La notion de peinture est dépassée, expulsée, sans existence, l'oeuvre s'ouvre à des formes « inventées » capables de vivre aussi bien, aussi fortement que celles que l'on trouve dans la nature. Pas de formules, pas d'assemblements plastiques à tendances esthétiques mais bien plutôt une « présence » à l'intérieur des formes.
L'aventure magique est là qui engage le peintre à se confronter aux forces fondamentales de la nature.
Accouplements et déchirures, violences et cruautés génératrices de vies fabuleuses, graphismes à haute tension, traits incandescents, lignes sinueuses qui n'en finissent jamais d'être brûlantes font que cette oeuvre est la plus puissamment antiséraphique qui soit.
La vigueur, la vitalité l'emporte dans un tourbillon à l'image du flux et du reflux de la durée de l'existence. Rares, très rares dans l'art sont ceux capables d'une telle source d'énergie, d'un tel élan vital.
Encore plus rare, le fait que Jean-Michel Atlan soit capable de projeter sur l'échelle astrale d'une toile à gros-grain, l'envoûtement d'une peinture-totem et l'incandescence de sa culture.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes