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Lot 131 - Jean HELION - « TENSIONS CIRCULAIRES N°1», 1931-1932

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Jean HELION
« TENSIONS CIRCULAIRES N°1», 1931-1932
Huile sur toile signée, datée 32 et annotée B80 au dos
75 x 75 cm

Provenance :
- Galerie Weiller, Paris
- Collection Robert Altmann, Vaduz

Expositions :
- « Jean Hélion », Centre National d'Art Contemporain, Grand Palais, Paris, 1970, reproduit
- «Abstraction Création 1931-1936», Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris, 1978, reproduit en couverture du catalogue de l'exposition
- «Abstraction Création 1931-1936», Westfälisches Landesmuseum für Kunst und Kulturgeschichte Landschaftsverband Westfalen-Lippe, Münster, 1976, reproduit en couverture du catalogue de l'exposition
- « Hélion », Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, 1985
- « Hélion », Galerie im Lenbachhaus, Munich, 1985, reproduit dans le catalogue de l'exposition page 39
- « Jean Hélion », Centre Pompidou, Musée National d'Art Moderne, 2005, Paris, reproduit dans le catalogue de l'exposition page 75
- « Jean Hélion», Musée Picasso, Barcelone, 2005
- «Theo Van Doesburg and the international Avant-Garde : constructing a New World», Stedelijk Museum de Lakenhal, Leiden, 2010
- «Theo Van Doesburg and the international Avant-Garde : constructing a New World», Tate Modern, Londres, 2010, reproduit dans le catalogue de l'exposition page 219

Bibliographie :

« Jean Hélion », Henri-Claude Cousseau, éditions du Regard, Paris, 1992, reproduit page 62

Les œuvres du mouvement Abstraction-Création, si importantes pour l'histoire de l'art moderne, sont extrêmement rares sur le marché de l'art, conservées en majorité dans les musées ou chez les collectionneurs avertis.

C'est en 1929 que Jean Hélion, aux cotés de Theo Van Doesburg, créa le groupe Art Concret dont Abstraction-Création prendra le relais en 1931. Sous l'impulsion d'Hélion qui est connu aux Etats-Unis pour y avoir exposé et par la publication par le Musée du Living Art de son manifeste théorique « Evolution of abstraction » (1930), le groupe rallie un grand nombre de peintres américains et notamment Alexandre Calder. En homme et en peintre libres, Jean Hélion est allergique à toute orthodoxie, c'est le contraire qui l'attire, aussi est-il en désaccord avec le néo-plasticisme de Piet Mondrian qui n'accepte que la verticale et l'horizontale à l'exclusion de la courbe, comme avec une abstraction géométrique qui remplace le visage par le cube, le carré ou le rond. Un tableau ne doit pas venir du raisonnement ou par l'intermédiaire d'une chose vue ou entrevue. Le tableau doit exister préalablement à l'intérieur de l'artiste dans les profondeurs obscures de son être. Ainsi privilégie-t-il l'instinct qui est une réalité contraire à l'évidence. L'abstraction est conçue comme une ascèse passionnée qui s'oppose au contentement « Le signe orthogonal est une crucifixion, c'est vraiment la mort de toute image qui s'est sacrifiée au signe qui la supporte » Hélion ne court pas à la cueillette des formes, ce qui importe s'impose simplement, clairement, fermement afin de constituer une image libre. Le chemin empreinté dans cette période de 1930 par Jean Hélion est celui du domaine d'un absolu universel.

Dans cette œuvre, couleurs et formes sont énergies alliées aux associations graphiques les plus ténues et dans les proportions les plus stables. Jean Hélion pense que les mathématiques peuvent être un soutien au concept dans la mesure où les mathématiques fournissent toutes les situations exactes à la division de surface et d'espace lesquelles sont la base même de toutes œuvres. Les réalisations ainsi obtenues ne pourront être qu'exactes, précises et nettes comme des machines. L'œuvre tirée de l'esprit, indépendante des apparences de la nature, tend à constituer une unité nouvelle d'équilibre, de force, de clarté et de perfection, rejetant tout ce qui est embué, usé et obscur.

Il est certain que la surface claire, limpide, les formes franches, exactes, les couleurs justes et nettes et la construction puissante et calme de cette «Tensions Circulaires» chargent les vieux concepts de la peinture d'une évidence neuve. Si l'art est universel, à l'image de cette œuvre, il échappe aux personnalités comme aux époques ; il appartient au domaine des certitudes constantes, contrôlées par la logique. Que la peinture soit représentative ou non, le tableau est une surface divisée en formes et couleurs. Elle n'est pas seulement un outil, elle est un matériau et plus encore un milieu où le contrôle de la logique, comme dans cette œuvre, se fait par la couleur.

L'importance de ce tableau, «Tensions Circulaires», que l'on peut sans hésitation qualifier de chef-d'œuvre, le fit choisir par les conservateurs du Musée de Munster et du Musée d'Art Moderne de Paris pour illustrer la couverture du catalogue de l'exposition Abstraction-Création, où figuraient pourtant Mondrian, Kandinsky, Kupka, Robert Delaunay, Albers, Arp… Telle une évidence, ce tableau, par sa perfection formelle, son jansénisme compositionnel, impose au spectateur des vibrations bénéfiques, dont il n'a pas sur l'instant conscience, mais qui se révéleront petit à petit intenses et envahissantes.

Oeuvre que Jean Hélion a su monter au plus haut du concept de l'univers en la dégageant du nuisible cas particulier. Oeuvre majeure où toutes les formes s'équilibrent à la manière des êtres vivants et des objets stables. La réalité de ce tableau tient à l'intensité des éléments verticaux qui ‘réverbèrent', au point qu'autour de l'œuvre tout s'estompe.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes