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Lot 107 - Hans HARTUNG - « T 1947-14 », 1947

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Hans HARTUNG
« T 1947-14 », 1947
Huile sur toile signée et datée en bas à droite
97 x 130 cm

Provenance :
- Collection de l'artiste
- Galerie Daniel Gervis, Paris
- Collection particulière, Paris

Exposition :
- «Hans Hartung : rétrospective », Kunsthalle, Bâle, 1952
- «Hartung », Palais des Beaux Arts, Bruxelles, 1952
- « Artistes de l'école de Paris », Musée de l'Art Wallon, Liège, 1958
- « Hartung : rétrospective », Musée d'Antibes, Antibes, 1959
- « Hans Hartung », Kunsthaus, Zurich, 1963
- « Hans Hartung », Museum des 20, Vienne, 1963
- « Hans Hartung », Kunstverein, Dusseldorf, 1963
- « Hans Hartung », Palais des Beaux Arts, Bruxelles, 1963
- «Hans Hartung », Stedellijk van Abbemuseum, Amsterdam, 1963
- «Hans Hartung : rétrospective», La Galleria Civica d'Arte Moderna, Turin, 1966
- «Hans Hartung : A retrospective Exhibition of paintings ans drawings», Birmingham Museum and Art gallery, Birmingham, 1968
- « Hans Hartung : Retrospektive 1921-1973», National Galerie NBK, Berlin, 1968
- «Hans Hartung», Städtischen Kunsthalle, Dusseldorf, 1981, reproduit page 81 du catalogue de l'exposition
- « Hans Hartung », Staatsgalerie Moderner Kunst, Munich, 1981
- «Hans Hartung», Galerie Daniel Gervis, Paris, 1985, reproduit en couleur dans catalogue de l'exposition
- Galleria Civica d'Arte Moderna, Ferrare, 1998, reproduit en couleur page 97 du catalogue de l'exposition

Bibliographie :
- « Hans Hartung », U. Apollonio, Milan, 1966, reproduit sous le n°105
- « Hartung », Pierre Descargues , Paris, 1977, reproduit en couleur page 168
- «Hans Hartung», Pierrre Daix, éditions Bordas, Paris, 1991, reproduit en couleurs page 168

Sera inclus dans le catalogue raisonné de l'œuvre de l'artiste en préparation par la fondation Hans Hartung et Anna Eva Bergman, Antibes

En 1947 Alain Resnais tourna sans bande-son, par manque de moyens, un film sur Hans Hartung où dans la solitude et le silence, on le voit peindre des deux mains à une vitesse stupéfiante. A la vue de ce film devenu fort rare et qui passa à l'époque pratiquement inaperçu, on prend conscience qu'une telle dextérité ne peut être le fruit du hasard. La thèse tenace qui veut que Hans Hartung soit un gestuel ou un tachiste est ruinée par l'image du film.
Pour parvenir à cette « spontanéité », il a fallu nécessairement qu'au préalable existât un travail conséquent de recherches, d'études, de dessins, d'esquisses jusqu'à la sélection définitive des formes compositionnelles qui seront le tableau. La composition passera, fidèlement avec une précision parfaite, sans hésitation ou repentir aucun, du petit au grand format par la magie d'un geste s'ouvrant aux dimensions du tableau. Maîtrise parfaite de l'esprit et du geste qui permet à Hans Hartung de visualiser dans les limites imposées du dessin et de l'esquisse, l'image agrandie et encore non matérialisée. La virtuosité gestuelle vue dans le film d'Alain Resnais indispensable à la conduite du tableau est tout autre chose que le fruit du hasard, de l'improvisation ou de « l'inspiration ».
Bien des contemporains, hier comme aujourd'hui, font l'erreur de croire à la seule réalité d'un geste « automatique », dans le sens qu'André Breton et les Surréalistes donnaient à ce mot. À bien des égards, Hartung est un classique, par le geste d'abord à la précision poussinesque, et par ce que, ce que fait Hartung n'a jamais existé avant lui. C'est une peinture sans référence.
On ne peut saisir cette œuvre dans sa totalité, dans son unité, sans prendre conscience qu'elle est la résultante d'un style nécessaire à l'accompagnement d'un accomplissement, lui-même garant de l'authenticité de la personnalité. Être capable de donner à voir une œuvre dont la spontanéité semble naturelle ne s'obtient que par la connaissance de soi et la réflexion accompagnant l'acte pictural.
Peu d'artistes sont capables de développer avec une telle maîtrise leurs moyens dans la ligne rigoureuse de leur personnalité profonde, sans déviation et avec une constance confondante. Aucune analyse aussi approfondie soit-elle ne pourra jamais épuiser et justifier la haute tenue créatrice de cette œuvre de 1947, grande par son format, l'un des plus grands pour l'époque, autant que par son inconscient contenu spirituel. Résultante d'une action humaine complète, cette œuvre, par la conjonction des paramètres les plus fins, les plus ténus, les plus vibrants, s'élève bien au-dessus de ce que l'on nomme communément un beau tableau. Oeuvre toute de vigueur, de décision, de maîtrise, dont les formes dynamiques, telluriques, s'ouvrent à une immortalité que la matière ne sclérose pas. Nous savons ce qu'il fallut de réflexion, de travail, de concentration pour redonner à la main créatrice sa fraîcheur première pour que cette œuvre se présente aujourd'hui à nos regards, toujours vivante, neuve et libre.
Si le mûrissement et la réflexion sont des éléments incontournables de l'œuvre de Hartung, il ne faut pas passer sous silence, et ce tableau en apporte la preuve formelle, que le principal outil de Hartung est sa main, une main vivante et intelligente. Les conservateurs de musées, les historiens d'art ne s'y sont pas trompés en écrivant et en exposant tant de fois cette œuvre à travers le monde, lui accordant les qualités qui la positionnent tout en haut des œuvres accomplies.
63 ans après sa création, alors que le siècle a vu surgir tant d'écoles, de groupes, de mouvements, cette œuvre garde toute sa fraîcheur, toute son émotion, toute sa vitesse, toute sa modernité, dépassant allégrement son temps et conservant ce mystère, si difficile à atteindre qui fait qu'une œuvre d'art sort soudainement du domaine artistique pour être un espace de liberté, un instant : un maintenant.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes