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Lot 159 - Gérard GAROUSTE - « LE QOHELET ET L’AMANDIER », 1989 - Huile sur toile signée[...]

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Gérard GAROUSTE
« LE QOHELET ET L’AMANDIER », 1989
Huile sur toile signée et numérotée R15U35 en bas à droite
180 × 200 cm

Provenance :
- Galerie Rudolf Zwirner, Cologne
- Collection particulière
« Il faut échapper à la modernité et extraire du passé les essences du futur »
« Les critiques ne regardent plus la peinture : elle n’est pas dans l’air du temps ! Moi, je me situe en dehors de la surenchère aux idées neuves : je veux simplement raconter une histoire dans laquelle le regard de l’autre peut s’insérer »
Gérard Garouste

Après avoir assimilé les vertus analytiques des différentes avant-gardes, Gérard Garouste est revenu à la tradition de la peinture pure et au sujet. Repenser la modernité sans pour autant tomber dans le piège d’un autre académisme. En ce sens, son travail n’est pas l’abandon de la modernité ou son reniement, encore moins un repli, mais la mise en lumière par la peinture d’une pensée qui ne renie pas le passé.
Ce que Garouste a voulu abandonner dans la modernité, c’est une forme d’idéologie stérile qui ne peut que conduire aux impasses du formalisme alors que la peinture seule doit avoir la parole.
La modernité de Gérard Garouste repose sur la nécessaire et salutaire affirmation de soi.
Il est avant tout un individu dans le plein sens de l’étymologie du mot et ne se soumet qu’à ses propres règles. Sa peinture éprouve la nécessité d’être et se situe au regard de l’histoire. Une certaine théâtralité (il écrivit une pièce de théâtre aux allures d’œuvres d’art dont il fut l’auteur, le décorateur, le metteur en scène et l’acteur) ne lui est pas indifférente. « C’est entre les arts que l’art se trouve, c’est dans le désir d’art que les arts se cherchent » écrit fort justement Thierry De Duve.
C’est dans l’épaisseur des empâtements, dans le travail de la pâte, dans ce qu’il triture, dans ce qui est trituré que Garouste se réalise. C’est dans le jaillissement improbable de l’instabilité des espaces ainsi que dans la création de figures au bord du déséquilibre, qu’est son équilibre. A l’exemple des maîtres du clair-obscur, il réhabilite le savoir-faire et c’est par l’élaboration de petites concrétions crayeuses qu’il accroche la lumière à la surface de la toile.
L’invisible y côtoie le visible.
L’apparence et la réalité s’expriment sur différents plans qui nous rapprochent ou nous tiennent à distance.
L’art de Garouste est nomade et fait resurgir au fil de sa déambulation picturale, l’arabesque de la miniature ou le damier ou la frise des motifs médiévaux. Mystère, magie issue des formes, nous invitent à réfléchir sur l’oubli ou la disparition.
Peindre pour Gérard Garouste, c’est procéder à la levée des interdits et des conventions passéistes comme modernistes, c’est rejeter le présent affublé de poncifs. Adepte des ambiances insolites aux allures de catastrophes, il trouvera dans la lecture des livres sacrés comme la Bible, un terreau à son imaginaire et un moyen de pénétrer à l’intérieur des grandes épopées, non en illustrateur à la manière de Gustave Doré, non en moraliste, mais en créateur conscient de la valeur de textes merveilleux, voir magiques, en tout cas poétiques que seule la couleur permet de restituer.
Dans le titre de cette œuvre « Le Qohelet et l’amandier », ‘Qohelet’ est un terme hébraïque construit sur une racine grecque signifiant ‘foule’ et sur le verbe ‘rassembler’ de la même origine.
On peut voir dans ce titre un besoin chez Gérard Garouste de rassembler, d’instruire et d’affirmer avec l’ecclésiaste que la vie est le seul champ d’activité où l’homme peut se réaliser avant de disparaître du monde.
Les plans de Dieu étant inconnus, le destin de l’homme reste fragile et insaisissable.
Il faut suivre les recommandations du Qohelet « prendre du plaisir avec la femme que l’on aime et respecter les commandements car c’est là tout le devoir de l’homme ».
Cette œuvre de Gérard Garouste « Le Qohelet et l’amandier » rend magistralement à la fois le sentiment de plaisir et le sentiment d’inquiétude. Peinture tumultueuse, puissante qui ne craint ni le discours ni la critique ni même le hasard, qui ose s’aventurer sur des terrains inexplorés où le tableau devient un être vivant qui nous parle d’une voix directe et passionnée.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes