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Lot 82 - Félicien ROPS - « DANS LES COULISSES », vers 1878-1880

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Félicien ROPS
« DANS LES COULISSES », vers 1878-1880

Crayons de couleur, pastel et aquarelle sur papier, signé en bas à droite
26 x 16,5 cmExpositions :
- Picadilly Gallery, Londres, 1983
- « Envol pour l'art moderne », Schirn Kunsthalle, Francfort, 1995
- « Félicien Rops », Musée de la Seita, Paris 1999
- « Félicien Rops », Espace Caja Madrid, Barcelone, 2004, reproduit en couverture du catalogue de l'exposition et en pleine page couleur, en couverture du dépliant et sur le calicot annonçant l'exposition
- « Rops », Kumu Art Museum, Tallinn, Estonie, 2006. En collaboration avec le Musée Félicien Rops

Bibliographie :
- « Félicien Rops, croqueur coquin », Camille Billiers, Gala, n°285, 1998, reproduit pleine page couleur page 97
- « L'enfer de Félicien Rops », Jérôme Coignard, Connaissance des arts n°255, novembre 1998, reproduit page 10
- « Rops », Bertrand Duplessis, Information dentaire du 24 septembre 1998, reproduit
- « Félicien Rops », Nicole Lamothe, Univers des Arts, octobre 1998, reproduit page 13
- « Félicien Rops dessins », Eurostar Magazine, n°30, novembre 1998, reproduit
- « Félicien Rops », Artistes , novembre 1998, reproduit
- « Rops le satanique », Marie Claire Maison, novembre 1998, reproduit
- « Rops le Freud du dessin », Sophie Cachon, Télérama du 27 novembre 1998, reproduit
- « Félicien Rops », Télérama du 2 décembre 1998, reproduit
- « Le libertinage mondain du belge Félicien Rops », Marie Tourres, V.S.D n°1109, novembre 1998, reproduit
- « Un trait satirique et érotique », C'est-à-dire, octobre 1998, reproduit
- « L'année Rops », Live Style international, décembre 1998, reproduit
- « Rops en la cité de Gaudi », Roger-Pierre Turine, Libre Belgique du 19 octobre 2004, reproduit
- « Fely, l'Espagne, les retrouvailles », Règion vers l'avenir du 5 octobre 2004, reproduit
- « Rops », Revista Corayan du 20 octobre 2008, reproduit
- « Docteur Faust », Ferruccio Busoni, enregistré chez Erato, reproduit en couverture du CD

Dans le monde laïque, fi nissant du XIXe siècle, Félicien ROPS est au regard de ses amis écrivains, Charles Baudelaire, Jules Barbey d'Aurevilly, Joris-Karl Huysmans, un moralisateur. Esprit fort, socialiste à tendance anarchiste, franc-maçon, il veut convaincre, condamner, dénoncer une société bourgeoise équivoque ; révéler ses tares, ses hypocrisies, ses obsessions sexuelles et mondaines. D'autres écrivent, lui dessine, c'est sa manière prolixe d'exprimer sa révolte et son mépris, et si d'aventure il fait quelques concessions, c'est par l'humour ou par la pitié, tant ses contemporains lui paraissent en effet pitoyables.
En plein symbolisme, il n'idéalise pas. En plein impressionnisme, il se veut expressionniste et tant pis s'il libère ce qui lui pèse.
Mystique noir, il est la bonne conscience de tous, le parangon de la vertu des gens de lettres, de théâtre, de bourse, d'affaires, et d'usage, qui s'identifie à cette fi n de siècle, comme si le monde s'identifiait au Prince des Ténèbres et à la Femme, mais alors troussée jusqu'aux épaules.
Adulé par ses amis écrivains symbolistes, il est maudit, honni par le public de son temps, tant ses audaces firent scandale.
Sa férocité de forme et de fond annonce James Ensor et déjà Van Dongen et lui aliène le monde « moral » des notables bourgeois. Ils ont beau détourner les yeux devant les oeuvres de Rops, c'est pourtant d'eux qu'il s'agit, confrontés aux miasmes des compromis, aux relents pervers des amours clandestins, tarifées, face aux souvenirs nauséeux des greluches idiotes et parfumées. Monde qui se meut dans les coulisses de la vie, dissimulant ses vices derrière des miroirs sans tain et de lourdes broderies de velours rouge.
Cette aquarelle de Félicien Rops « dans les coulisses » est une oeuvre profondément dérangeante. Ne faisant pas la part belle aux grimaces sataniques et aux contorsions infernales, elle laisse le spectateur à son imaginaire. Nous devenons le diable contemplant une jeune femme offrant sa nudité au miroir qui ne la reflète pas et qui par la magie de ses deux lampes phalliques impose l'image en lévitation de la croix rédemptrice dans les coulisses du mal. Le diable en vêtement violet comme en portait les évêques de l'Inquisition fait face à sa victime dont il immolera la jeune nudité sur l'autel des convenances bourgeoises. Le malaise qui émane de cette scène vient qu'à la contempler, nous glissons insensiblement vers le fauteuil du diable dans lequel nous nous asseyons. Nous voici alors à notre tour, voyeur, juge, bourreau et qu'à l'inverse de ce que pensait Jean-Paul Sartre, lorsqu'il affirmait « que l'enfer c'est les autres », nous nous rendons tragiquement compte que l'enfer est en nous.
La force de cette oeuvre est de nous l'avoir fait comprendre.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes