Chargement en cours
Ma sélection

Lot 41 - Elisabeth Louise VIGEE LEBRUN (1755-1842) - Portait de Philippe...

Adjudication sur abonnement

> Voir les offres Premium

Elisabeth Louise VIGEE LEBRUN (1755-1842)
Portait de Philippe d'Orléans, Portrait de Madame de Montesson
Paire de pastels
80 x 63 cm
Signés et datés au crayon à droite : Mde Lebrun 1779
Expert Cabinet Turquin

Ces deux pastels, inédits, font partie d’une commande de deux portraits, avec répétitions, mentionnés dans la liste de Mme Vigée Lebrun à la date de 1779 (Vigée Le Brun, Souvenirs, éd . Geneviève Haroche - Bouzinac , 2008, p . 335).
La technique du pastel n’étant pas mentionné dans la liste de Vigée Lebrun, on a longtemps cru qu’ils avaient été réalisés à l’huile.
Ce n’est que progressivement que l’on découvre que nombre de ces commandes était en fait réalisé dans ce médium dont l’avantage principal est la rapidité d’exécution, évitant ainsi aux modèles importants, comme les membres de la famille royale, des temps de pose trop longs.
Une version plus petite du portrait du duc d’Orléans, conservée dans une collection privée, a été reproduite dans le catalogue de l'exposition Vigée Le Brun en 1982 ( Kimbell Art Museum, Fort Worth , Joseph Baillio , p 38 , fig 3 ) ; curieusement, dans la version exposée au Kimbell Art Museum, le duc d’Orléans porte l'insigne de l'ordre de la Toison d'or et de la Saint- Louis que l’on ne retrouve pas ici, ce qui tendrait prouver que nos pastels étaient destinés à un usage privé. La version exposée au Kimbell Art Museum, qui ne possède pas de pendant connu, pourrait quant à elle avoir été destinée à un rôle plus officiel.
Ces deux pendants sont à ce jour la seule version autographe désormais connue, bien que des copies non autographes existent des deux œuvres.
L'histoire de la commande et la venue de Vigée Le Brun au Raincy où le duc d'Orléans s’était retiré, est mentionnée par l'artiste dans ses souvenirs ( op. cit . , P . 222-23 ). Charlotte Jeanne Béraud de La Haye de Riou épousa à 16 ans, en 1754, Jean-Baptiste, marquis de Montesson, qui la laissa veuve en 1769, non sans l'avoir introduite à la Cour de Versailles.
Sa fortune s'accrut considérablement à la mort de son frère unique, le marquis de la Haie de Riou, gentilhomme et officier supérieur de gendarmerie, qui fut tué à la bataille de Minden (1759).L’excellente réputation de Madame de Montesson, sa beauté, ses talents, son amabilité et la bonté de son caractère la firent rechercher dans le monde. Après la mort de la duchesse d'Orléans en 1759, et peu de temps avant son veuvage, elle devint la maîtresse en titre de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785) dit « le Gros », duc d'Orléans à la suite de son père en 1752, prince du sang qu'elle appelait « Gros-Père » en lui tapant sur le ventre. Le duc d'Orléans devenu veuf en 1759, tenta pendant plusieurs années d'obtenir de Louis XV la permission d'épouser sa maîtresse. Cette fois c'était son fils, le duc de Chartres, qui s'y opposait résolument.
Le roi n'y consentit qu'en 1772, et à la condition expresse que le mariage ne fût que morganatique et que Mme de Montesson ne devînt pas duchesse d'Orléans, ce qui fit dire que faute d'avoir pu faire de la marquise de Montesson une duchesse d'Orléans, le duc d'Orléans s'était fait marquis de Montesson.
La bénédiction nuptiale fut donnée le 23 avril 1773 dans la chapelle de l'hôtel de Mme de Montesson à la chaussée d'Antin, il avait été autorisé par l'archevêque de Paris, sur le consentement du roi, Sa Majesté voulant que le mariage restât secret, autant que faire se pourrait, c'est-à-dire aussi longtemps qu'aucun enfant n'en serait le fruit.
Après le mariage, le duc d'Orléans et sa nouvelle épouse quittèrent le Palais-Royal et le château de Saint-Cloud, leur situation étant désormais incompatible avec les obligations de l'étiquette.
Ils vécurent discrètement entre le château du Raincy et le château de Sainte-Assise, cadeau de mariage offert à Mme de Montesson, situé à Seine-Port (actuel département de Seine-et-Marne), au bord de la Seine, et où, en dépit de plusieurs années d'intrigue, elle n'eut jamais l'honneur d'une visite royale.
La réserve qu'elle garda dans ces nouvelles circonstances, lui gagna un grand nombre d’amis, et elle n’exita pas la moindre inimitié ; la douceur et l'affabilité qui lui étaient naturelles.
Le souvenir de ses œuvres caritatives concourut à la sauver au moment de la Terreur.
On n'avait pas pu oublier entièrement que dans l'hiver excessivement froid de 1788 à 1789, elle avait fait ôter les arbres de son orangerie et les plantes qui ornaient les serres de ses jardins, pour que ces bâtiments devinssent des salles de travail ouvertes aux pauvres.
Ils y recevaient la nourriture et des secours de toute espèce, en même temps qu'ils y trouvaient un abri contre les rigueurs de la saison.
Plus tard, elle fit élever dans l'église de Seine-Port la chapelle Saint-Louis pour recevoir les restes de son époux, en prévoyant de s'y faire inhumer elle-même, à la suite de quoi elle vendit Sainte-Assise et alla s'installer dans sa maison de la rue de Provence où elle résida jusqu'à sa mort en 1806.
Il est très probable que les cadres sont ceux qui habillaient nos pastels dès l'origine car on les retrouve sur d'autres pastels de Vigée Le Brun de la même période.
Nous remercions Monsieur Neil Jeffares pour son aide dans la description de ces pastels.

Demander plus d'information

Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes