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Lot 73 - Bram VAN VELDE - SANS TITRE, CAROUGE, 1974 - Gouache sur papier marouflé sur toile[...]

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Bram VAN VELDE
SANS TITRE, CAROUGE, 1974
Gouache sur papier marouflé sur toile
140 x 154 cm

Provenance :
- Galerie Maeght, Paris
- Lefebre Gallery, New York
- Galerie Jerome de Noirmont, Paris
- Collection particulière, Belgique

Exposition :
« Bram van Velde, peintures récentes », Galerie Maeght, Paris, 1975
Bibliographie :
« Bram van Velde », éditions du Centre Pompidou, Paris, 1989, reproduit en situation dans catalogue de l’exposition page 228
Inclassable !
Tel est notre sentiment devant les œuvres de Bram van Velde. Gouaches et tableaux sont sans concessions et se tiennent à l’écart des productions purement esthétiques de leur époque. D’une profonde unité, les œuvres de Bram van Velde revendiquent une absolue autonomie par-delà toute référence au symbolisme abstrait. Expression non-évolutive, sorte de calligraphie du ‘ moi ‘ où s’exprime un ensemble mouvant de formes triangulaires, de cercles, d’éclats, de cernes, de coulées et de champs en aplats sans orientation univoque. Bram van Velde recherche, contre toute illusion de profondeur, la platitude du support où se forme une réalité de surface.
La gouache posée en voiles successifs s’exprime par la ductilité du matériau qui brouille les formes et les couleurs au point de provoquer des « salissures » et des recouvrements tantôt clairs, tantôt opaques d’une grande puissance évocatrice.
Dans cette magnifique gouache de 1974, qui selon l’habitude du peintre n’est pas titrée, s’expriment les forces invisibles venues de l’inconscient d’un homme qui se déchire lui-même, incapable de découvrir ce centre mystérieux où les courants antagonistes se jettent les uns contre les autres, pour se rassembler en un équilibre harmonique. Une nouvelle forme de romantisme habite cette œuvre d’un format important qui se heurte aux contradictions d’un univers intérieur comme à l’hostilité de l’univers extérieur. Sans doute est-ce un impérieux besoin d’absolu qui poussa Bram van Velde, par-delà même le format de cette gouache, a se confronter a des revendications picturales et extra-picturales de plus en plus tyranniques.
Le drame est projeté à l’état pur, l’émotion commande d’abord et commande seule. C’est la poussée des passions enfouies, non analysées par la pensée, qui surgissent en vagues, en un rythme si précipité et si irrésistible que les formes émotionnelles se chevauchent impérieusement les unes les autres, évoquant un monde sans frein, sans guide, sans garde fou, livré au pur instinct de l’artiste.
Construire, détruire, peu importe. Seule compte l’intensité majeure de la situation tragique et de son éclatement dans le cri des formes et des couleurs. Gouache majestueuse, titanesque qui semble surgir du fond d’un abîme, encore toute brulante du souffle du brasier intérieur. Pour Bram van Velde l’univers des apparences ne se limite pas aux choses vues, aux paysages, aux êtres que l’on rencontre ni même à la couleur, mais à l’ensemble des activités régies par l’espace et le temps.
Il n’est pas question ici de sentiment mais de survie. Rien ne peut rivaliser avec les rêves.
L’œuvre regarde au-delà de la ligne de fuite « le monde est un mystère, le travail de peindre m’aide à le pénétrer.
Ce que je veux dire est très étrange, trop violent pour que je puisse retenir en mots ou en pensées, cela veut apparaître et je le peins » et d’ajouter « je peins ma misère ».
« Attraper la bête », a-t-il dit un jour, « et ne pas la laisser échapper ». Formulation mystérieuse qui s’explique lorsque l’on sait le climat d’angoisse dans lequel la création s’exerce. Bram van Velde voue au réel un amour haineux et lorsque le ‘réel’ apparaît, c’est pour pousser un cri de protestation véhément mais libérateur. Gouache créée par un homme qui voulait le vrai, le pur et qui était capable d’aller jusqu’à la destruction de lui-même pour l’obtenir. Habité, taraudé, dévoré par des êtres imaginaires issus de lui-même, capable de lutter jusqu’à ce que venue des profondeurs d’abîmes incertains, remonte au jour l’indispensable lumière salvatrice.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes