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Lot 49 - Bram VAN VELDE - SANS TITRE, 1964 - Huile sur toile - 131 x 196 cm - -[...]

Estimation : 200 000 € / 250 000 €

Adjugé à 478 480 €


Résultat avec frais

Bram VAN VELDE
SANS TITRE, 1964
Huile sur toile
131 x 196 cm


Provenance :
- Allbright-Knox Gallery, New-York
- Collection K.L. Sijmons, Amsterdam
- Galerie Bernard Cats, Bruxelles
- Collection particulière, Bruxelles

Expositions :
- « Bram Van Velde », Knoedler Gallery, New-York, 1964
- « Bram Van Velde », Waker Art Center, Minnesota, 1964
- « Bram Van Velde », San Francisco Museum of Art, San Francisco, 1965
- « Bram Van Velde », Colorado Springs Fine Art center, Colorado Springs, 1965
- « Bram Van Velde », Knoedler Gallery, New-York, 1968
- « Bram Van Velde », Centre National d’art contemporain, Paris, 1970
- « Bram Van Velde », Fondation Maeght, Saint Paul de Vence, 1973
- « Bram Van Velde », Stedelijk Museum, Amsterdam

Bibliographie :
- « Bram Van Velde », Jacques Putman, éditions Maeght, 1975, reproduit page 99
- « Bram Van Velde », catalogue de l’exposition du Centre Pompidou, Paris, 1989, reproduit en situation lors de l’exposition à la Galerie Knoedler en 1968 page 214

« J’avais grand plaisir de voir tout à coup la chose en couleur. Que cela me semble vrai et juste »
Bram Van Velde


Cent tableaux pour une vie.
Quatre à cinq œuvres par an peintes entre Juin et Septembre, en une période où le cycle des astres apporte au peintre un peu de cette force physique nécessaire au maniement de la peinture à l’huile. On n’imagine pas toujours combien le travail de l’huile demande d’effort et pour un homme qui ne se nourrissait que de liquides, ce travail s’apparente à l’exploit.
Le monde de Bram Van Velde est celui de la lutte, inexorable, de la souffrance de l’être qui se déchire lui-même parce qu’il est dans l’impossibilité de découvrir le centre où les courants antagonistes qui se jettent les uns contre les autres, se rassembleraient en un équilibre harmonieux. Romantique pur, Bram Van Velde se heurte aux contradictions de son univers intérieur comme à l’hostilité de l’univers extérieur. Le drame se projette à l’état pur. C’est l’émotion qui commande d’abord et qui commande seule. La poussée des passions de son monde intérieur surgit en vagues d’un rythme si précipité et si irrésistible que les émotions qui en naissent se chevauchent impérieusement, évoquant un monde sans frein, sans guide, livré au pur instinct. Construire avec la peinture, détruire par la peinture, accepter d’être sous dépendance cosmique, de devenir une sorte de corps spirituel ne gardant de la matière physique que ce qui permet de tenir debout. Construire, détruire, peut importe. Seule compte l’intensité majeure de la situation tragique et son éclatement dans le cri coloré, poussant jusque dans ses extrêmes arcanes l’éprouvant pathétique drame humain. Bram Van Velde ramène de ses plongées dans l’abîme une peinture comme celle-ci, toute brulante encore du souffle de cet abîme et colorée du reflet de son brasier. Besoin irrépressible d’extérioriser les formes contemplées par le seul regard intérieur. Formes barbares torturant un homme sous dépendance qui voit plus loin qu’il n’est permis et qui souffre d’une souffrance nécessaire au maintien de sa vie. Peinture laconique, sans orientation univoque, calligraphie du moi qui revendique son absolue autonomie par-delà toute référence au symbolisme abstrait. Peinture de l’étendue, peinture de l’espace, peinture existentielle tournée vers l’intérieur qui s’exprime par la couleur ; uniquement, totalement.
Tableau sans concession à l’écart des productions purement esthétiques, tableau commencé dans le vide, sans visualiser la forme qu’il prendra une fois mené à sa finalité, sans dessin préparatoire, sans garde-fou, et qui s’offre la liberté de la chute. Point final où l’harmonie est dominante, sans intention, instinct obscur, couleurs sans paroles venues du fond du corps, du fond de l’esprit, peinture sous dépendance qui fait sienne le cycle des saisons, les champs imprécis, l’immense murmure de vie, les tonnerres dionysiaques et les silences tragiques.
Cette œuvre « magnifique » créée par Bram Van Velde en 1964 implique un total oubli de soi. Elle s’offre comme un formidable face à face avec l’inconnu, comme l’image d’une soumission aux exigences des forces qui dépassent l’homme. Peinture spontanée, quasi viscérale, peinture qui rend compte d’une vie hors la vie, car pour Bram Van Velde peindre c’est chercher le visage de ce qui n’a pas de visage.



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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes